Gazette BlueHats 🧱 n°3

Un condensé des derniÚres actualités BlueHats.

Publié le jeudi 17 octobre 2019 | Gazette BlueHats

Focus sur la Gendarmerie nationale et le logiciel libre

L'exemple d'une migration à grande échelle vers le libre

Le lieutenant-colonel StĂ©phane Dumond, chef de bureau IT du (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Service des Technologies et des SystĂšmes d'Information de la SĂ©curitĂ© IntĂ©rieure (ST(SI)ÂČ), Ă©tait l'invitĂ© de l'Ă©mission de l'April (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) « Libre Ă  vous ! » sur la (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) radio Cause Commune. StĂ©phane Dumond a notamment conduit le projet d'industrialisation de la migration vers un systĂšme libre sur le poste de travail des gendarmes. Dans cette Ă©mission, il relate l'histoire de la migration (serveurs Debian, systĂšme de gestion de bases de donnĂ©es MySQL, Ubuntu sur les postes de travail, etc.) et explique les conditions de son succĂšs :

« La migration vers le logiciel libre en Gendarmerie est intervenue [
] au dĂ©but des annĂ©es 2000, parce qu'on a eu la convergence de trois Ă©lĂ©ments qui sont intervenus de maniĂšre simultanĂ©e et qui ont conduit Ă  cette migration Ă  grande Ă©chelle : tout d'abord une contrainte budgĂ©taire ; ensuite, il faut une prise de conscience que continuer Ă  rester dans le domaine du monde propriĂ©taire conduit inĂ©vitablement, Ă  partir du moment oĂč on n'a plus suffisamment d'argent, Ă  une perte de dĂ©pendance, une perte de souverainetĂ© [
] ; enfin, [
] il faut que les grands chefs, Ă  commencer par le DSI (le Directeur des systĂšmes d'information), [
] ainsi que le Directeur gĂ©nĂ©ral, soient Ă  la fois promoteurs, sponsors et [viennent] en soutien des Ă©quipes techniques pour que la migration continue Ă  bien se passer au fil des annĂ©es, parce que vous verrez qu'une migration vers le logiciel libre c'est [un travail] de trĂšs longue haleine. »

>> Réécoutez (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) le podcast est disponible sur le site de l'APRIL.

LemonLDAP::NG : un Web-SSO pour l'administration

(Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) LemonLDAP::NG est un (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Web-SSO qui implĂ©mente de nombreux protocoles de fĂ©dĂ©ration d'identitĂ©s tels que (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) SAML, (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) CAS ou encore (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) OpenID-Connect, protocole implĂ©mentĂ© dans le cadre du dispositif (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) FranceConnect.

Au début des années 2000, la Gendarmerie nationale et le ministÚre des Finances décident concomitamment de déployer un SSO. Le ministÚre des Finances développe à cet effet un logiciel libre nommé LemonLDAP. La Gendarmerie nationale, ayant des besoins plus complexes, adopte dans un premier temps un logiciel propriétaire. Face au coût et au manque de souplesse engendrés par la solution propriétaire, elle abandonne cette solution pour se saisir du code source de LemonLDAP et le réécrire afin de l'adapter à ses besoins. En 2005, la premiÚre version complÚte de LemonLDAP::NG (fork de LemonLDAP) est publiée en open source.

HĂ©bergĂ©e par la (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) fondation OW2, la communautĂ© LemonLDAP::NG associe le Service des technologies et des systĂšmes d'information de la SĂ©curitĂ© intĂ©rieure (ou (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) ST(SI)ÂČ) et plusieurs entreprises parmi lesquelles (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Worteks, (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Linagora ou encore Openside. Reposant initialement sur des financements publics, le projet perçoit Ă©galement des financements privĂ©s d' (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Orange (qui est Ă©galement client de Worteks), et d'autres. Aujourd'hui, les deux principaux contributeurs au SSO sont le ST(SI)ÂČ ainsi que Worteks.

LemonLDAP::NG s'est progressivement diffusĂ© dans l'administration, faisant ainsi rĂ©aliser plusieurs dizaines de millions d'euros d'Ă©conomies par an, en comparaison avec le leader du marchĂ©, (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Forgerock. Aujourd'hui, LemonLDAP::NG est utilisĂ© par l'ensemble des ministĂšres français (Ă  une exception prĂšs) ainsi que par de nombreuses collectivitĂ©s territoriales.

Nouveaux services, nouveaux outils, nouveaux codes sources

Etalab lance le site code.etalab.gouv.fr

Dans le cadre de la politique de contribution de l'État aux logiciels libres, la DINSIC collecte la liste des comptes d'organisation et des forges via lesquelles des organismes publics partagent des codes sources.

Etalab a lancĂ© le site (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) code.etalab.gouv.fr qui permet de parcourir la liste de ces comptes et des dĂ©pĂŽts de codes sources publiĂ©s.

(Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Lire le blogpost d'Etalab et (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) relayez le tweet d'annonce.

La presse en parle : sur (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Nextinpact, (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) lemondeinformatique, (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) silicon.fr, (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Acteurs publics, (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) developpez.com, (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) linuxfr.org et (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) les-infostrateges.com.

La webconférence interministérielle avec l'outil libre Jitsi

Le (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) nouveau systĂšme interministĂ©riel de webconfĂ©rence est proposĂ© par la DINSIC, hĂ©bergĂ© et opĂ©rĂ© par le ministĂšre de la Transition Ă©cologique et solidaire, officiellement mis en production depuis mi-septembre.

Cette solution de webconfĂ©rence s'appuie sur la solution libre (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Jitsi pour proposer un service accessible avec un simple navigateur web, permettant Ă  tous les agents de l'État d'ouvrir des confĂ©rences et d'inviter des partenaires extĂ©rieurs (opĂ©rateurs, collectivitĂ©s, citoyens, entreprises).

>> (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) AccĂ©der Ă  la webconfĂ©rence interministĂ©rielle.

DFIR ORC : un outil de collecte libre pour l'analyse forensique

Conçu en 2011 pour rĂ©pondre aux missions opĂ©rationnelles de l'agence nationale de sĂ©curitĂ© des systĂšmes d'information (ANSSI) en matiĂšre d'investigation et de rĂ©ponse Ă  un incident, le logiciel DFIR ORC (pour Outil de recherche de compromission) n'a cessĂ© d'Ă©voluer pour regrouper un ensemble d'outils qui permettent la recherche, l'extraction et la mise Ă  disposition de donnĂ©es forensiques dans un environnement Microsoft Windows
 Ă  l'Ă©chelle d'un parc entier ! L'outil, intĂ©gralement libre, est aujourd'hui publiĂ© par l'agence Ă  l'usage des acteurs et des professionnels de la communautĂ©.

Pour plus d'information, (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) consultez la note d'actualitĂ© de l'ANSSI ainsi que le (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) dĂ©pĂŽt GitHub du logiciel.

OpenCTI : un outil libre pour traiter et partager la connaissance en matiĂšre de cybermenace

Le projet OpenCTI (Open Cyber Threat Intelligence) a été initié en septembre 2018 par l'ANSSI et co-développé avec le CERT-EU en l'absence de solutions complÚtement appropriées pour structurer, stocker, organiser, visualiser et partager la connaissance de l'ANSSI en matiÚre de cybermenace, à tous les niveaux.

Ces informations sont exploitées par l'agence pour mener à bien ses activités de cyberdéfense. Elles sont également diffusées aux interlocuteurs privilégiés de l'agence (CSIRT, agences de cybersécurité, etc.) à l'échelle nationale et internationale.

La mise Ă  disposition de l'outil OpenCTI, en open source (licence GNU Affero v3) et prĂȘt Ă  l'emploi, permet aujourd'hui de faire bĂ©nĂ©ficier tous les intĂ©ressĂ©s de l'ensemble des fonctionnalitĂ©s de cette application, qui respecte les standards en matiĂšre de modĂšle de menace.

>> Pour plus d'information, (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) consultez la note d'actualitĂ© publiĂ©e par l'ANSSI, ainsi que le (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) dĂ©pĂŽt GitHub.

Une application libre sur les énergies renouvelables de réseaux

L'Observatoire de la Transition Écologique et la DREAL des Pays de la Loire publient une nouvelle (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) application libre de visualisation et de tĂ©lĂ©chargement de donnĂ©es relatives aux Ă©nergies renouvelables de rĂ©seaux.

>> Les scripts de collecte et de datavisualisation sont disponibles dans le (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) dĂ©pĂŽt GitLab du DREAL datalab.

CARTElette : Création de couches cartographiques à partir du code officiel géographique (COG) et des couches IGN

Le package CARTElette vient en complĂ©ment du package R (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) antuki/COGugaison qui a pour objectifs de manipuler des donnĂ©es communales produites Ă  diffĂ©rents millĂ©simes et de les agrĂ©ger Ă  diffĂ©rents niveaux supra-communaux.

Il s'agit désormais de créer des couches cartographiques (communales et supra-communales) qui correspondent à la situation du découpage des territoires français (communes et niveaux supra-communaux, France et Outre-mer) au 1er janvier de chaque année (date de référence du code officiel géographique).

>> Pour plus d'information, consultez (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) la note publiĂ©e sur data.gouv.fr, ainsi que le (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) dĂ©pĂŽt GitHub.

Bercy ouvre le code source de la taxe fonciĂšre

La direction gĂ©nĂ©rale des finances publiques (DGFiP) a publiĂ©e le code source utilisĂ© pour le calcul de la taxe fonciĂšre. Pour en savoir plus, consultez l'annonce sur (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) impots.gouv.fr ainsi que le (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) dĂ©pĂŽt de code source sur GitHub.

Retour utilisateur sur la solution Proxmox

Dans son article de blog «  (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Une balade du cotĂ© de
 Proxmox », le SI du Parc national des Écrins revient sur la migration vers (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Proxmox, une plate‐forme de gestion de virtualisation libre.

« Le Parc national des Ecrins disposait depuis 2014 de 2 hyperviseurs VMware ESXI 5.5 hébergés chez OVH. Ces 2 machines accueillaient une quinzaine de serveurs linux sous forme de machines virtuelles.
Le choix de fonctionner avec une licence VMware gratuite présentait certaines limitations. Notamment l'impossibilité de sauvegarder ou de cloner à chaud les VM. L'outil vSphere (5.5) permettant de gérer l'hyperviseur ne fonctionne que sous windows ; une difficulté supplémentaire pour notre petite équipe qui a migré ses postes de travail sous Linux.
À l'occasion du renouvellement de ces machines vieillissantes, nous nous sommes posĂ© la question de rester sous ESXI ou de tenter une autre aventure. Notre petite Ă©quipe n'ayant pas beaucoup de temps Ă  consacrer aux serveurs, il fallait une solution Ă©prouvĂ©e et nous permettant de remonter les VM existantes telles quelles. Migrer l'ensemble de notre architecture hĂ©bergĂ©e n'est pas une mince affaire.
La technologie Proxmox est mûre. Elle est libre (licence AGPLv3) et basée sur l'hyperviseur Linux KVM. Elle propose également une solution de containers LXC qui était en cours d'évaluation sur nos postes de travail. »

>> Retrouvez (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) l'intĂ©gralitĂ© du blogpost.

Candidatez au label « Territoire Numérique Libre »

Le label Territoire NumĂ©rique Libre est une initiative de l'ADULLACT, en partenariat avec d'autres associations et institutions reconnues pour leur action en faveur du logiciel libre et la promotion du numĂ©rique citoyen dans les collectivitĂ©s territoriales : (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) AFUL, (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) APRIL, (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) PĂŽle Aquinetic et la DINSIC. Le label Territoire NumĂ©rique Libre encourage les usages numĂ©riques libres, citoyens et collaboratifs, et s'adresse Ă  toutes les collectivitĂ©s territoriales françaises : villes et villages, mais aussi Ă©tablissements publics de collaboration intercommunale (EPCI), dĂ©partements et rĂ©gions.

>> (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) En savoir plus et canditatez avant le 20 octobre Ă  minuit

ÉvĂ©nements

24 octobre : COMET-CNES (Toulouse) Comment valoriser par l'open source ?

Dans un contexte d'acteurs du spatial, cette journée se propose d'éclairer les relations entre open source, valorisation, recherche et mutualisation en s'appuyant sur la présentation d'une étude réalisée pour le CNES sur la valorisation des Logiciels Libres, des retours d'acteurs publics et privés impliqués dans des écosystÚmes ouverts et des retours d'expérience de projets open source du CNES.

(Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) DĂ©tails et inscriptions

7 et 8 novembre : Rencontres Geotrek (Nßmes)

Dans la continuitĂ© des prĂ©cĂ©dentes Rencontres, le ComitĂ© de pilotage de (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Geotrek ( (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) dĂ©pĂŽt de code) - une suite logicielle de webmapping, composĂ©e d'un outil mĂ©tier SIG, d'un site internet et d'une application mobile - propose aux utilisateurs et aux partenaires intĂ©ressĂ©s par l'outil de se rĂ©unir pour partager des retours d'expĂ©rience, dĂ©couvrir les nouveautĂ©s et participer Ă  des ateliers.

>> (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Lire le *programme en PDF* et rendez-vous sur (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) la page d'inscription avant le 22 octobre*.

19 et 20 novembre : Sprint open source BlueHats (Paris)

Venez contribuer aux logiciels libres de l'État et rejoignez le mouvement #BlueHats !

Le Lab 110 bis et la DINSIC organisent un « Sprint open source » les 19 et 20 novembre 2019. Deux jours pour découvrir et contribuer à des projets ouverts de l'administration et d'ailleurs.

>> (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Inscrivez-vous via ce formulaire ! EntrĂ©e libre et gratuite, mais les places sont limitĂ©es.

26 novembre : Le libre sur la Place 2019 (Nancy)

Dans le cadre de la semaine de l'innovation, le logiciel libre est à l'honneur le 26 novembre 2019 : venez écouter les retours d'administrations qui ont fait le pari du libre !

>> (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Inscription via ce site.

10 et 11 décembre : Paris Open Source Summit et BlueHats

Le grand rendez-vous européen des innovations et des technologies open source est de retour pour une 5e édition. Associant experts internationaux, entreprises, startups et PME leaders de leur domaine et des communautés emblématiques, le Paris Open Source Summit (POSS) devient cette année le hub open source de l'intelligence artificielle, des infrastructures distribuées, de la cybersécurité, de l'embarqué pour deux journées de conférences inédites.

>> (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Plus d'information sur le site de l'Ă©vĂ©nement

Le POSS 2018 a Ă©tĂ© l'occasion pour la DINSIC de (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) lancer le mouvement #BlueHats. Cette annĂ©e, la DINSIC envisage une nouvelle participation Ă  travers des « confĂ©rences Ă©clair » et des ateliers contributifs autour de compĂ©tences et technologies spĂ©cifiques.

>> (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) Proposez des interventions et (Ouvre une nouvelle fenĂȘtre) indiquez les domaines techniques sur lesquels vous voulez Ă©changer !

BrĂšves

Revue de presse